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Commentaires sur les invasions

Commentaires sur les invasions à partir de la fable de la Fontaine : « Le Chat, la Belette et le Petit Lapin ».

Je cherchais cette fable, car elle illustre de manière fine, intelligente et historique, la folie des hommes de pouvoir.

Les exemples sont nombreux en histoire : lorsque deux frères ou des ennemis se disputaient le même territoire, ils avaient coutume de faire appel à un troisième larron, étranger de préférence pour les aider à éliminer l’autre. Malheureusement, à chaque fois s’est produit le même scénario et ce, à plusieurs siècles d’intervalles et dans toutes les parties du monde.
La Fontaine, quel visionnaire !

Voici quelques exemples pour ce que je connais : en Israël, à moins 47 avant J.C., c’est la guerre civile. Une des fraction nomme une délégation qui se rend en Italie pour signer un pacte militaire avec Rome. Celui-ci stipule : « Si l’une des deux parties est attaquée, l’autre doit l’aider ». De nos jours, c’est comme si le Liechtenstein (capitale-Vaduz) signait le même pacte avec la France. La suite est évidente. Les Romains ont tout de suite compris le bénéfice de l’opération et leur présence dans ce territoire leur ouvre la porte de la conquête de la Syrie et des environs – ce qu’ils firent, en détruisant du même coup les juifs et leur temple en 70 après J.C. (Voir Flavius Joseph, « La Guerre des Juifs » et surtout Mireille Hadas Lebel, professeur à la Sorbonne qui a écrit : « Rome, la Judée et les Juifs », admirable écrit).

En 710, en Espagne wisigothique, et pour faire court : Rodéric renverse Achille (le fils du feu roi Wittiza). Achille ou (Akhila) se réfugie à Ceuta chez Julien, gouverneur d’Algésiras. Celui-ci entre en conflit avec Rodéric et prend contact avec Musa ibn Nusaïr, gouverneur de la province arabe d’Ifriqya. En Avril 711, il lève une armée de 7000 berbères dont 2 à 3000 juifs et un millier d’africains noirs, qui envahit le sud de l’Espagne jusqu’à Lyon, Mâcon, etc… La suite, on la connaît.

Ils mirent tout le monde d’accord dans une expansion fulgurante, aidés par les juifs de l’intérieur qui se vengèrent des conversions forcées de 611 (ce qu’ils payèrent chèrement en 1492). L’affaire a duré + ou – 8 siècles. En Algérie, les roitelets qui se faisaient une guerre incessante appelèrent à la rescousse les arabes en 632. La suite, on la connaît.

Les habitants d’Alger inquiets de constater la progression des frères Barberousse, sur leur territoire, appellent un Cheikh étranger, Sélim at-tumi pour l’arrêter. En 1516, les espagnols de Ferdinand, construisent un Fort (Fort l’Empereur) sur l’île, le Peñon, pour tenir Alger. Le même Sélim, ne pouvant faire face à ce nouveau danger, demande l’aide d’Aroudj Barberousse. Celui-ci accourt, prend le pouvoir, lui prend sa femme et le tue. La suite, on la connaît.

Enfin à Tlemcen à la mort du roi Abou Ziyane, ses fils nombreux se disputent le trône. L’un d’eux fait appel à Barberousse dit Bras d’Argent(1) (1463/1518), pour les départager. Celui-ci vient d’Alger en 1517(2), avec une énorme escorte, entre à Tlemcen, écoute les doléances, tue toute la famille royale, puis installe un Bey pour le représenter et repart pour Alger. (C’est l’époque de Charles II, futur Charles Quint). L’armée espagnole qui occupe Oran a vent de l’affaire, et avec l’aide de Abou Hammou, un des rois de Tlemcen défait, va au-devant de lui à son retour et le tue à Rio Salado en 1518). La suite, on la connaît.

Et l’Histoire continue : Marx disait que les hommes faisaient leur propre histoire, mais, ajoutait-il, ils ne savent pas qu’ils la font.

Note

1 – Barberousse est une déformation du nom de Arudj qui se prononce en turc Oruç. Baba signifie, Père, d’où le Père Oruç = Babaoruç. En français, on prononce : Barberousse.

2 – Le cardinal Ximénès de Cisnéros, qui entra à Oran en 1509, meurt cette même année.

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