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Caricature de Salomon Assus

Scènes algériennes
Scènes algériennes

Scènes algériennes : Ks ! Ks !…

Les juifs, les musulmans et les chrétiens, les Ahl el Kitab comme dit le Livre,  vivaient en relative bonne harmonie à Bab el Oued. Quelquefois au marché, une dispute éclatait entre deux femmes pour des broutilles. Souvent pour la nourriture. Le verbe haut, la main souvent leste, on se crêpait le chignon, après les insultes. Tout cela se passait en trois secondes, puis le calme revenait, et les cris des marchands reprenaient le dessus. Ce n’était qu’une péripétie de plus. C’est que nos mères avaient le souci de garnir le panier pour leurs enfants. Qui n’a pas entendu « mange mon fils » ?

Dans cette carte postale « caricature », de la série « Scènes algériennes », Salomon Assus a voulu exagérer le trait. Il reproduit une scène banale, mais avec une telle dramatisation qu’elle en devient risible. Pour créer ses caricatures, il tirait son inspiration de ses promenades quotidiennes. Nul doute qu’il ait vu une scène de dispute au marché, se déroulait devant lui.

Pour celle-ci, il met un fusil baïonnette au canon entre les mains de la belligérante juive et une épée entre celle de la musulmane. Dans le fond du décor, les autres femmes se lamentent. Elles grimpent aux arbres, comme des enfants, pendant que l’une excite et l’autre pleure. Elles craignent une issue fatale.

Mais, la scène est théâtrale. Assus n’est pas un « va-t-en guerre », c’est un bon père de famille. La femme qui tient le fusil semble éberluée de l’avoir entre les mains, et le regarde d’un air hébété. Elle ne sait qu’en faire. Tandis que l’épéiste plus énergique, tient son arme comme un couteau, et vise à côté. Ouf ! Pas de blessées. Assus n’a pas oublié de lui imprimer un mouvement académique. La main gauche bien levée en équilibre, et les genoux fléchis pour l’assaut.

Cette scène de la vie quotidienne illustrée de manière caricaturale, souligne chez Salomon Assus, la maîtrise de son art. Cela fait rire, c’est le but recherché. Et puis ! Des mères de famille armées ! C’est impensable, non ?

Le Ks! Ks!… de la légende souligne encore plus, le ridicule de l’affaire. C’est une onomatopée employée pour exciter le combat des animaux.

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