
Autre caractéristique de Salomon Assus :
Les cartes postales de Bonne année, fin XIXème
Les cartes postales de Bonne Année sont très nombreuses, dans la production de S. Assus. Il y en a pour tous les goûts. Il fallait bien manger, et ces cartes se vendaient très bien à l’occasion des fêtes.
Il faut remarquer la précision du dessin, l’exagération des formes et apprécier les commentaires. Ils furent considérés comme racistes, puisque Salomon Assus faisait parler un « petit nègre » à ses personnages. On s’en est déjà expliqué dans le précédent article sur la caricature dédiée aux tirailleurs.
Mais avez-vous remarqué que notre marchand parle dans le vide ? En effet, il possède bien deux écouteurs, mais où se trouve le microphone qui relie le demandeur au central. Il n’y en pas.
D’après le dessin, il pourrait s’agir d’un MILDE de 1892, dont voici la fiche technique :
« Avant l’invention du combiné, vers 1889, le microphone est solidaire du boîtier. Il est généralement situé derrière une planchette de pin dont le rôle est de capter les vibrations sonores de la voix. Celles-ci sont alors transmises a une petite capsule collée au centre contenant la grenaille de charbon. Les deux écouteurs placés sur le côté, qui portent alors le nom de téléphones, permettent de s’isoler totalement des bruits extérieurs. Cette dernière précaution est indispensable : le niveau de parole reçu est très faible. »
Sources : http://alain.levasseur.pagesperso-orange.fr/
On parle alors de « Bigophone ». Mot d’argot que l’on donnait au téléphone dans les années 50, emprunté à un instrument de musique de la fin XIXème, qui était muni d’une seule membrane et qui donc reproduisait les sons de façon nasillarde.
Si le téléphone date de 1876, il faudra attendre 1870 pour que la France l’adopte. Apparaît en 1913, le téléphone automatique, à cadran, qui sera national en 1970. Entre temps, existent les centraux téléphoniques, animées par les célèbres « Demoiselles du téléphone ». pour l’anecdote, elles devaient être d’une moralité irréprochable et célibataires. A leur mariage, elles perdaient leur emploi.
Le dernier système électronique français est remplacé en 1994. L’automatique arrive en France en 1912, puis le plan de numérotation va passer de 5 ou 6 chiffres à 8 en octobre 1985 et à 10 en octobre 1995.
Voici le texte écrit en bas de page de la carte postale :
Légende :
– Allo ! Allo ! Tiliphon !
– Ci moi Mr Saoud Bomba, marchand di picerie et di figues, ji souis tojor rigouli et ji souati à toute le monde oune bounne annie vic la bounne santi, tu souis tojor content et tu chanti comme oune petite zoiseau jusqu’à l’annie prochain.




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